8 octobre : Assemblée générale | 22 et 23 octobre : Tournoi FIDE à Enghien

N3 ronde 3 : Nouveau suspense à Beauvais.

(ou : Le site du club, c’est mon blog.)

La rhino-pharyngite n’a pas miraculeusement disparue durant la trop courte nuit.
Ma très charmante compagne me souhaite « Bon match ! » avec l’enthousiasme d’un croque-mort et un regard à la Droopy (ou le contraire).
Dans le ciel, à peine plus haut que les arbres décharnés, les nuages plomb et zinc mêlés s’enfuient vers des contrées plus riantes.

J’ai autant envie de jouer que d’aller chez le dentiste (en fait, j’ai moins envie de jouer car mon dentiste est très sympa et même ancien membre de l’échiquier du lac !).
Enfin un sourire : un gamin fait un tas de feuilles mortes avec ses pieds. Sourire de courte durée. Maman le houspille : « Tu vas abîmer tes bottes toutes neuves ! »

Tout le monde est à l’heure au rendez-vous (à moins de 10 minutes près). Quatre accidents en vingt kilomètres n’incitent pas à l’euphorie. Pour détendre l’atmosphère, Antoine suggère d’initier Baroudi au jeu habituel des déplacements d’interclubs.
À l’arrivée à Beauvais, Julia (le célébrissime GPS de Laurent – cf. comptes-rendus précédents) confirme que mes trois neurones encore actifs sont ceux de mon sens de l’orientation.
Trois matches ont lieu simultanément mais le confort de jeu est tout à fait correct.
Manu arrive à l’heure (c’est-à-dire à l’heure qu’il avait annoncé ce matin, pas à l’heure de la remise des PV. Faut pas exagérer non plus).
Pas de surprise à la lecture dudit PV : nous sommes largement favoris sauf Géraldine qui doit affronter un jeune joueuse déjà très bien classée. Je joue contre le père de l’acteur principal de « Mad Max » et de « l’Arme Fatale ». Comme d’habitude je me décide au dernier moment pour une excentricité.

Petite digression : L’avantage des bases de données c’est qu’on peut se préparer contre son adversaire, l’inconvénient des bases de données c’est que les adversaires peuvent se préparer contre nous. Moi ça m’est égal : je joue tout et n’importe quoi (mes équipiers n’osent pas dire, en ma présence, « surtout n’importe quoi » mais je sais qu’ils n’en pensent pas moins).

L’adversaire d’Olivier arrive enfin, avec la tête de celui qui n’a pas dormi de la nuit, ou (non exclusif), de celui qui se réveille à peine d’une cuite carabinée. Olivier lui indique poliment – mais fermement – qu’il préfère remplir lui-même sa feuille de partie.

Un reporter d’un journal local prend quelques notes et quelques photos. À son approche je m’installe dans une pose « concentration très décontractée mais diablement efficace » du plus bel effet. Je ne doute pas que les jeunes filles du cru auront bientôt un nouveau poster à afficher dans leur chambre.

Après quelques coups, je vois une intéressante combinaison qui sacrifie un cavalier pour deux pions centraux et le « déroquage » du roi adverse. Tandis que mon adversaire réfléchit avant d’entrer dans la variante, je me rends compte que le premier coup de l’« intéressante combinaison » perd une pièce.
C’est le moment d’aller voir ce qui ce passe sur les autres échiquiers.

RAS pour les débuts sauf au deuxième échiquier où l’adversaire d’Antoine est tombé dans une « prépa ». Miniature en perspective, pensé-je in petto. Et au septième échiquier où, chose rarissime, la position d’Alain est encore théorique au huitième coup.

Compte tenu de mon état physique, je décide de choisir un plan simple et de jouer vite les coups naturels de ce plan. Une heure et quatre plans simples plus tard, un deuxième de mes pions atteint ma quatrième rangée.

Bref coup d’œil aux autres échiquiers : Géraldine fait mieux que résister face à sa dangereuse adversaire. Alain semble avoir un tout petit avantage, Olivier met la pression : il doit avoir moyen de gagner quelque chose mais je ne vois pas comment (Olivier, qui a bien plus de trois neurones actifs, empoche une qualité), Laurent à des lignes ouvertes face au roi au centre : ça sent bon le KO, Manu prend lentement l’initiative, Antoine a toujours une position très agréable et la position de Baroudi est équilibrée. Pour l’instant tout va bien, je vais même pouvoir proposer nulle si j’ai encore des hallucinations.

Je me décide à prendre un pion offert, prêt à souffrir un peu dans l’attaque qui aurait dû suivre. Après la partie, mon adversaire me montrera que ce pion était un cadeau car la « violente » attaque n’était qu’un phantasme de plus dans mes « analyses ».

Si Géraldine est toujours en bonne position, Olivier commence à avoir du mal à digérer la qualité, la miniature d’Antoine continue de se prolonger et le KO de Laurent se fait attendre.

Soudain, vers la troisième heure de jeu, je donne une pièce. Net. Aucune compensation. Rien.
Si Olivier était venu en minibus, je serai rentré chez moi, sur le champ, noyer mon chagrin dans la camomille (ou la verveine déverveinée). Je suis l’un des chauffeurs, je continue donc mon calvaire.

À l’approche de la quatrième heure, Géraldine finit par s’incliner (Beauvais – EdL 1-0) mais l’amélioration du niveau de jeu est évidente. Les premiers points sont pour bientôt.

Survient alors un incident rare : Laurent et son adversaire se serrent la main. Laurent acceptant l’abandon de son adversaire, lequel pense que Laurent a agréé la nulle. Lorsque le quiproquo est dévoilé, l’arbitre, avec sagesse, suggère de continuer la partie, mais, après deux coups de plus, l’adversaire de Laurent refuse de jouer (d’un côté on le comprend : malgré quelques vicissitudes, la course à Dame a été remportée par Laurent – sur échec de surcroît, tous les pions adverses vont tomber d’ici peu. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Laurent pensait que son adversaire abandonnait). (Beauvais – EdL 1-1).

L’humeur n’est pas enjouée : Seul Emmanuel semble avoir un net avantage. Outre votre serviteur qui ne continue que par devoir, Alain est à peine mieux et Baroudi vient de laisser l’ennemi pénétrer en septième rangée. Olivier fait face à une très dangereuse attaque. La « miniature » d’Antoine dure depuis plus de quarante coups et le vice-président enghiennois est tout heureux de sauver la nulle après un gros zeitnot (Beauvais – EdL 1-1).

Début de sourire pour Enghien-les-Bains : l’irruption en septième rangée avait été soigneusement contrôlée par Baroudi et l’intruse est délogée puis enfermée dans un recoin de l’échiquier pour le modique prix d’un pion. Le cavalier enghiennois domine le fou beauvaisien et bientôt notre premier échiquier s’impose (Beauvais – EdL 1-2). Même si je n’ai suivi l’action que de loin, je suis convaincu que cette partie mérite de figurer dans la rubrique « Parties » du site (ne serait-ce que pour monter qu’à Enghien on sait jouer autre chose que des sacrifices). Baroudi nous attendons tes commentaires.

Mon sympathique opposant ne cherche pas à mobiliser sa pièce de plus qui reste sagement dans son coin pendant que mes pièces lourdes s’approche de son roi de l’autre côté de l’échiquier. Une gaffe me permet de gagner la dame contre une tour. Une possible forteresse n’étant pas envisagée par mon adversaire, je convertis facilement mon avantage matériel inespéré (Beauvais – EdL 1-3).

La cinquième heure de jeu est bien entamée mais rien n’est encore joué. Même si l’avantage de Manu est toujours aussi clair, sa pendule commence à m’inquiéter. Même cause d’inquiétude au sixième échiquier où, malgré la pression du temps de plus en plus forte, Olivier semble garder son sang-froid. Il en a bien besoin car un pion et un cavalier se sont installés au cœur de sa position. Et si la dame adverse peut se joindre à l’attaque, le mat sera imparable… Pendant ce temps, calmement, Alain continue de louvoyer, cherchant à provoquer la faute – qui se fait attendre.

Olivier réussit peu à peu à ouvrir les lignes pour ses tours, confiant à sa dame la lourde tâche d’empêcher l’intrusion de son homologue. Bientôt le roi noir est lui aussi exposé. Enfin, la qualité peut parler. Le mat est imparable et Olivier apporte le point de la victoire (Beauvais – EdL 1-4). J’en profite pour aller « m’oxygéner » dehors, enfin rassuré et espérant que les parties restantes nous permettrons de soigner le départage.

Hélas ! À trop vouloir forcer un position égale, Alain a, comme souvent, fini par perdre (Beauvais – EdL 2-4). Trois fois hélas ! Alors que son avantage est devenu décisif, Manu commet une gaffe qui permet à son adversaire de créer un inextricable réseau de mat (Beauvais – EdL 3-4).

Nous quittons donc Beauvais avec, pour seule satisfaction, ce résultat heureux (voire chanceux) car la manière n’y était manifestement pas. Et, à l’arrivée, la surprise de se retrouver seul en tête de la poule à la suite des défaites de nos concurrents immédiats.

Le capitaine que je suis se prépare déjà à faire les gros yeux (d’abord à lui-même) car il faudra assurément plus de rigueur lors des prochains matches. La lessive dont parlait Olivier à la première ronde a encore fait défaut.

4 commentaires.

  1. Chef, faut mettre la balise « more » à l’endroit où vous voulez couper le texte !

  2. C’est corrigé !

    Prompt rétablissement au chef ! Bravo pour ton courage !

  3. Encore un CR sympathique.

    Merci pour :
    - La défaite (…)
    - L’humour
    - Et surtout l’esprit sportif.

    Bonne continuation !

    Hervé de Beauvais

  4. Merci Hervé !

    Ça fait plaisir de voir qu’on est lu au-delà de la vallée de Montmorency ! Et merci pour l’interview de notre Président publiée sur votre site.

    Bonne continuation

    Antoine

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